Pour son deuxième match de Ligue 1, le LOSC a hérité du déplacement piège, chez le promu messin, une situation toujours difficile à négocier, tant les velléités de bien faire pour l'équipe qui remonte sont grandes. C'est donc dans une belle après-midi mosellane, où la chaleur frôle encore les 30°, que les Dogues disputent leur premier déplacement de la saison 2007-2008. Dans l'équipe lilloise alignée, trois éléments sont d'anciens pensionnaires du FC Metz. Ludovic Obraniak, Franck Béria et Souleymane Youla sont titulaires d'entrée, pas vraiment un hasard tant ils se sentent encore dans leur jardin. Tactiquement, Claude Puel est revenu à un système bien connu, le 4-2-3-1 utilisé les saisons précédentes. Et sur un plan comptable, après une première journée pas réellement bien négociée par les deux formations (LOSC-Lorient 0-0 et Le Mans-Metz 1-0), l'heure est déjà au rachat et surtout, à la volonté d'ouvrir le compteur but dans ce championnat.
Metz démarre fort
Les Messins veulent rapidement montrer que leur place est bien méritée dans cette première division française. Car il ne fallait pas arriver en retard au stade St Symphorien pour assister à la première véritable occasion. Le ballon navigue devant les cages vides de Sylva et il faut un tacle rageur de Plestan au devant de Bessat pour éviter la douche froide (3'). Les Lillois sont surpris mais se mettent en route à leur tour. Bastos et Debuchy utilisent parfaitement les côtés et se mettent en évidence. Le premier reprend un corner de la tête au deuxième poteau, hors cadre (5') alors que le second décoche une frappe de loin que Trivino attrape en deux temps, au nez et à la barbe de Youla (12'). Le rythme du match est bon, son déroulement plaisant. Mais le LOSC, jusque là entreprenant et bien en place, n'est pas loin d'être sanctionné. Une chaude alerte intervient d'abord sur un centre de Djiba qu'Agouazi est à deux doigts de reprendre victorieusement de la tête, si Lichtsteiner ne dévie le ballon du bout du crâne (13'). On retrouve Djiba juste derrière pour un centre-tir que Sylva doit en extension arrière du bout des gants (15'). Les Nordistes sont sonnés mais savent qu'ils ont évité le pire.
Bastos comme chez lui
Le combat s'équilibre et les Lillois reprennent leur marche en avant. Il s'agit désormais d'une histoire de coups de pied arrêtés. Comme il avait su le faire ici même en janvier dernier, Bastos rappelle aux Mosellans qu'il possède une patte gauche redoutable, notamment sur corner. C'est lui qui avait inscrit l'un des buts en coupe de France sur un corner direct. L'histoire se répète presque puisque Bastos trouve Makoun seul au deuxième poteau sur un corner très bien frappé. Personne ne reprend devant les cages vides (15'). Mais les Dogues obtiennent à nouveau un corner. Bastos se remet à l'oeuvre et dépose une merveille directement dans les buts de Trivino (16', 0-1). Au mauvais souvenir des Messins, le bourreau de St Symphorien a encore frappé... Que du bonus pour les Dogues qui peuvent gérer désormais leur avantage. Et pourquoi pas tenter de doubler la mise ? C'est ce que n'est pas loin de réussir Obraniak, qui tente de piquer son ballon vers les buts délaissés par Trivino après une mauvaise sortie (21'). Le portier des Grenats n'est visiblement pas dans son assiette. Suite à un autre renvoi approximatif, Dumont récupère et glisse une offrande à Youla aux abords de la surface. Le Guinéen shoote de loin mais écrase trop son tir (26'). Les vingt deux acteurs soufflent. Le démarrage éclair laisse place à une fin de première période plus poussive. Logique, il fait lourd et les organismes sont mis à rude épreuve.
Le rush de Lichtsteiner
Au retour des vestiaires, on change de configuration côté lillois. Le buteur des Dogues, Michel Bastos, s'est pris une vilaine semelle sur le pied, le contraignant à laisser sa place à Maric. Comme face à Lorient, le jeune croate effectue une entrée de qualité, stabilisant parfaitement l'entrejeu. Si bien qu'il faut attendre l'heure de jeu pour se mettre une véritable opportunité sous la dent. Elle implique le Suisse Lichtsteiner. A grandes enjambées, il réalise un rush solitaire impressionnant. Parti de son camp, il se rapproche des dix huit mètres, relève la tête et décide de tirer. La puissance du shoot oblige Trivino à s'interposer avec classe (60'). Metz cherche les solutions face au bloc lillois retrouvé. Jusque là irréprochable pour ses premières classes en défense centrale, Béria se fait tout de même une petite frayeur sur une relance dans l'axe peu inspirée. Agouazi face au but écrase son tir, à la grande joie de Sylva (67').
Maric, l'entrée fracassante
Le plus dur commence alors pour les hommes de Claude Puel : il faut tenir ! Et ce n'est pas forcément le plus évident, surtout à l'extérieur. Les Lillois sont avertis sur une incursion intéressante d'Agouazi dans la surface. La frappe de l'attaquant frise la transversale de Sylva (76'). A cet instant, on sent que la deuxième tentative serait la bonne. Sur une longue relance de C. Gueye, N'Diaye reçoit le ballon dans des conditions idéales, tire puissamment et transperce Sylva pleine lucarne (1-1, 85'). Que c'est dur ! On croit que tous les espoirs de décrocher une première victoire cette saison se sont envolés pour le LOSC. C'est oublier un peu vite que le club nordiste a recruté un milieu de terrain croate talentueux. Dernier corner de Debuchy et reprise victorieuse de Maric dans la lunette (1-2, 90'). Cette fois, la messe est dite.
Le LOSC décroche donc trois points ô combien importants dans la course au championnat. Au-delà du résultat, les Dogues se sont aussi rassurés dans le jeu, offrant un spectacle plus qu'honorable. Et avec un état d'esprit retrouvé, les hommes de Claude Puel peuvent se tourner vers leur prochain objectif : Sochaux, mercredi 15 août (20h30.


